Lúthien, le Nauglamír et les Fëanoriens

[English version here]

Il y a un certain temps (l’année dernière ?), on m’a envoyé cette question sur Tumblr :

« À ton avis, pourquoi est-ce que les Fëanoriens n’ont pas osé attaquer Lúthien lorsqu’elle était en possession du Silmaril ? j’ai toujours trouvé ça mystérieux. »

Même si beaucoup pourraient croire la réponse évidente, j’estime que c’est un peu plus compliqué, surtout si on prend en compte les partis pris qu’impliquent le récit d’un narrateur qui n’est pas neutre (on pensera ici à Pengolodh) et les différentes traductions des contes des Jours Anciens… sans parler des doutes que l’on peut accorder à leur fiabilité, particulièrement en ce qui concerne les fils de Fëanor.
Petit avant-propos de rigueur : Évidemment, libre à nous, lecteurs, de nous amuser avec le jeu de l’intertextualité élaboré par Tolkien… ou de l’ignorer. Les réponses que je publie comme celles-ci font partie de ce jeu, et je tiens à rappeler qu’il ne s’agit surtout pas d’essayer de deviner ce que J.R.R Tolkien avait en tête, ou de lire entre les lignes. Au contraire, je me contente de jouer avec les nœuds narratifs, les incohérences entre les différentes versions et les tensions qu’implique l’intertextualité. C’est ma façon toute personnelle d’élargir le monde si riche inventé par Tolkien. Aussi, ce type d’article sert avant tout à pousser plus loin encore mes humbles interprétations dans le cadre d’un univers fictionnel (extra) étendu, d’ouvrir des portes à de nouvelles interprétations concernant les motivations des personnages, etc. Certains trouveront peut-être dans ces headcanons matière à réfléchir, à lire le texte avec un autre regard, d’autres y trouveront éventuellement des matériaux pour l’élaboration de fanarts ou de fanfictions, et peut être, qui sait, pour développer encore davantage leurs propres connaissances du lore de la Terre du Milieu. J’écris et le publie en toute humilité et ne voyez ici aucune ambition autre que celle de m’amuser avec des personnages et des histoires qui me font rêver. (et je ne vous cache pas que cette réponse est aussi pour moi une excuse pour revenir sur les différentes versions de ce passage assez significatif dans les contes du Premier Âge).

Pour revenir à la question, l’utilisateur faisait notamment référence à ce passage du Silmarillion (trad. Pierre Alien) :

« Tant que Lúthien avait porté le Collier des Nains, aucun Elfe n’aurait osé s’en prendre à elle, mais la renaissance de Doriath et l’orgueil de Dior firent que les sept frères quittèrent leurs errances pour se retrouver une fois de plus. »

J’aimerais tout d’abord insister sur un point : l’idée que les Fëanoriens refusent d’attaquer Lúthien lorsqu’elle est en possession d’un Silmaril est un élément fondamental de la trame narrative. En dehors du fait qu’il s’agisse d’un outil qui permette l’avènement (hum) du deuxième massacre, celui de Doriath, tout en y impliquant les descendants de Lúthien et Beren, c’est aussi l’un des outils permettant de définir le personnage de Lúthien, de développer la légende qui l’entoure et la manière dont elle est perçue par les autres personnages.

Et en effet, en tant que fille de Maia, elle est originellement très puissante. Mais Maedhros lui aussi est un personnage d’une grande force physique et psychique, notamment grâce à son origine et à son âge, mais aussi parce que sa force a cru considérablement en conséquence de sa captivité. Le Silmarillion nous rappelle que « avec le temps Maedhros guérit sa blessure, car la flamme de la vie brûlait en lui et il avait la force de ceux qui avaient grandi à Valinor » et que « son esprit brillait comme une flamme blanche » ( pour ne citer que ça).

Rappelons aussi que tant que tant le Silmaril se trouvait en Doriath, avant la mort de Thingol et le départ de Melian, il restait inaccessible puisque les Fëanoriens ne pouvaient traverser l’anneau mis en place par la reine autour du royaume pour empêcher les intrusions. Il ne leur restait que le marchandage et les menaces :

« Maedhros et ses frères, tenus par leur serment, l’avaient pris de très haut avec Thingol, lui rappelant leurs exigences et lui ordonnant de leur rendre le Silmaril sous peine d’être leur ennemi… » (Le Silmarillion)

Pour répondre plus concrètement à la question, je vais simplement (du moins le plus simplement possible) expliquer mes hypothèses principales (gardez en tête qu’elles ne sont pas incompatibles et ne s’excluent pas les unes les autres).

  • La lumière du Silmaril augmente le pouvoir de Lúthien.

Nous n’avons pas vraiment les moyens d’affirmer que les Ainur sont effectivement plus puissants lorsqu’ils sont nimbés de Lumière (la majuscule est volontaire), mais on ne peut pas non plus nier que leur rapport à celle-ci est cruciale. Par exemple, nous savons au sujet de Melian que « la lumière d’Aman était sur son visage » (Le Silmarillion) et cela lui permit de se démarquer dans les ténèbres lors de sa première rencontre avec Elwë. C’est pourquoi j’aime imaginer que les Ainur pourraient être en mesure d’absorber la lumière, de s’en nourrir d’une certaine manière. Ce sujet mérite un article à part entière, et ce n’est pas le propos ici. Toutefois, je voudrais juste rappeler ce qui est dit au sujet de Lúthien et du Silmaril dans « La Quenta » :

« Et l’on dit et l’on chante que Lúthien, parée de ce collier et de ce bijou immortel sur sa poitrine d’albâtre, fut la vision la plus belle et la plus glorieuse qui fût jamais donnée à voir hors des royaumes du Valinor, et que pour un temps le Pays des Morts qui Vivent devint comme une vision du Pays des Dieux, et que nul endroit n’a depuis été aussi splendide, aussi fécond, ou aussi radieux. » (Histoire de la terre du Milieu Vol IV, trad. Daniel Lauzon)

Avec cette introduction « et l’on dit et l’on chante », on comprend immédiatement que ce n’est pas un témoignage direct ; il s’agit d’une légende, d’une rumeur. Personne n’a vu ce spectacle à l’exception de Beren, Dior et éventuellement quelques Elfes d’Ossiriand. Alors qui sait ?

Au delà de ça, une telle image de Lúthien, c’est une porte ouverte sur de nombreuses suppositions, y compris celle qui voudrait que son pouvoir soit accru par le bijou. « Glorieuse », ici, ne s’applique pas uniquement à la beauté, c’est un mot qui a bel et bien un référence à la majesté, à la noblesse, voire au pouvoir. Lorsqu’on évoque la Gloire des Valar, on parle bien de leur majesté, mais aussi de la puissance que semble imposer leur simple présence. Dans la version originale, Tolkien emploie le mot « Glory », que l’Oxford English Dictionary définit comme, dans la phraséologie biblique : « la Gloire de dieu, la majesté et la splendeur associées à une manifestation divine », mais aussi comme « beauté resplendissante ou magnificence souvent (…) un éclat de lumière semblable à ce que l’on associe aux cieux ». Ce petit point lexical est intéressant, donc je le pose là et je m’en tiens à ça car il y aurait sans doute trop à dire. Je vais me contenter de souligner qu’il me paraît assez évident que la lumière du Silmaril permette à Lúthien de faire éclater sa propre puissance (bien qu’elle soit devenue mortelle à ce moment de l’histoire). Et en effet, on peut imaginer qu’une telle vision devait être pour le moins impressionnante. Si nous imaginons la lumière du bijou se refléter dans son visage, Lúthien n’apparaît pas simplement comme plus belle que jamais, mais aussi plus puissante (notons d’ailleurs que la beauté et le pouvoir sont souvent associées dans l’œuvre de Tolkien).

Alors, peut-être est-elle en effet plus puissante lorsqu’elle détient le Silmaril, ou peut-être elle ne fait que paraître plus puissante, mais cela pourrait suffire à impressionner les Fëanoriens, non ?

  • Le soutien de Námo

Les Fëanoriens ont sans doute entendu les rumeurs au sujet du retour miraculeux de L&B (Lúthien & Beren) du Palais de Mandos, événement inédit. Dès lors il va leur paraître évident que Lúthien ait bénéficié d’un soutien inattendu de la part du Vala, ce même Vala qui a lancé la malédiction contre les Noldor. Il ne fait aucun doute que Námo ait une dent contre les Noldor exilés, et ceux-ci sont sûrement sur sa liste noire. Du coup, s’ils devinent que Námo se tient du côté de Lúthien, il y a de fortes chances qu’ils se montrent particulièrement prudents avec elle (surtout après les très mauvaises décisions de Celegorm et Curufin).

Ou alors…

On peut aussi mixer ces deux théories, car en fin de compte, les Fëanoriens n’ont jamais vu Lúthien depuis son retour, ils ne peuvent avoir accès qu’à des rumeurs au sujet de son pouvoir, de sa puissance, de la manière dont les Valar l’auraient traitée. Ils ne sont certains que de deux choses : elle peut s’avérer dangereuse et elle est désormais mortelle. Un peu de patience devrait suffire…

Ce qui m’amène à la dernière hypothèse.

  • les Fëanoriens ne savent rien, et le narrateur comble les trous

Les Fëanoriens peuvent ne pas être au courant que Lúthien possède le Silmaril. Ils savent très certainement que le royaume de Doriath a été pillé par les Nains, et donc que le joyau ne s’y trouve plus. Ils seraient donc à sa recherche.

Et en effet, c’est seulement lorsque Dior hérite du collier que les Fëanoriens apprennent que le « Silmaril de Fëanor brûle dans les bois de Doriath » (Le Silmarillion), tandis que le narrateur explique que l’attaque des fils de Fëanor contre Doriath est causée par leur serment « sorti de l’oubli » lorsqu’ils entendent parler de la « renaissance de Doriath et l’orgueil de Dior ».

Dès lors, il devient facile de remettre en question le pourquoi du comment de la chose : si les Fëanoriens avaient été au courant que Lúthien était en possession du bijou, pourquoi n’entendent-il pas dire qu’un Silmaril brûle dans les bois de Tol-Galen ? Pourquoi le serment ne s’est-il pas réveillé à ce moment-là ?

Parce qu’ils ne savaient pas qu’un Silmaril brûlait à Tol Galen.

On peut aussi se demander si c’est bien la renaissance de Doriath qui les a poussé au massacre ; même si les Fëanoriens avaient leurs propres griefs contre Thingol (et vice versa), Doriath et ses habitants restent néanmoins un puissant bouclier contre la puissance d’Angband, plus qu’un obstacle à la guerre contre Morgoth… les Fëanoriens devraient être plutôt soulagés de voir revenir les Sindar à Menegroth, non ?

On peut donc imaginer qu’ils n’aient pris connaissance de la localisation du Silmaril seulement au moment où Dior commence à le porter, et c’est bel et bien le refus de Dior de le leur remettre qui les a poussé au second massacre, ; et non pas la renaissance de Doriath en elle-même.

Ce qui reste compliqué, c’est la manière dont le Silmaril a circulé après la mort de Thingol : il existe plusieurs versions, ce qui rend le parcours assez difficile à suivre, donc je vais résumer :
Dans Le Silmarillion : les Nains pillent Doriath et fuient avec le Silmaril. Beren et les Elfes d’Ossiriand les arrêtent alors qu‘ils se dirigent vers Nogrod, et Beren récupère le collier, et j’ai résumé la suite plus haut.
Dans Le Nauglafring (Histoire de la terre du Milieu Vol. 2, trad. Adam Tolkien): après le pillage de Doriath, Huan (toujours vivant dans cette version) va retrouver Beren et Lúthien, qui comprennent tout de suite ce qui s’est passé. Beren et sa troupe s’en va arrêter les pilleurs au gué de l’Aros. Beren tue Naugladur et prend le collier maudit pour le rapporter à Lúthien. Gwendelin (Melian) vient les retrouver et « elle s’écria comme prise de stupeur en voyant le collier des Nains suspendu à la blanche gorge de Tinúviel. Et avec colère elle demanda à Beren ce que cela pouvait signifier et pourquoi il souffrait cette chose maudite touchât Tinúviel… ». Dans ce conte, après le retour de Dior à Doriath, Maidros (Maedhros) « appela ses frères… et le leur dit comment il avait su qu’un Silmaril de ceux que leur père Fëanor avait façonnés était maintenant la fierté et la gloire de Dior des Vallées du sud ».

Malheureusement, on ne nout dit pas, à nous, comme Maidros avait su cela… Cependant, il semble évident que lui et ses frères n’avaient aucune idée de l’endroit où se trouvait le Silmaril avant cet instant, c’est-à-dire quand, « le renom de ce joyau s’étendit comme le feu à travers toutes les région du Nord ». C’est donc seulement avec la rumeur au sujet du retour de Dior qu’ils apprennent ou se trouve le joyau.
Dans Le Premier Silmarillion (Histoire de la Terre du Milieu vol IV, trad. Daniel Lauzon) : on nous explique que Beren prend les Nains en embuscade près d’un gué et qu’il récupère le Nauglafring, et là encore, on retrouve « l’avertissement de Gwendelin » qui ne supporte pas de voir le collier au cou de sa fille. Aussi, Beren « conserve secrètement le Collier ».

L’idée même qu’il l’ait gardé secret est intéressante : il le cache de Gwendelin évidemment, mais pas seulement…

Autre élément intéressant : dans cette version, nous ne savons pas comment ou quand les sept frères prennent connaissance du retour du bijou en Doriath avec Dior, seulement qu’il y eu de « vaines négociations » entre Dior et les fils de Fëanor, avec, comme dans « le Nauglafring », l’intervention de Curufin lors de celles-ci (nous y reviendront).
Dans La Quenta (toujours dans le vol IV) : on retrouve l’intervention de Melian auprès de L&B, le combat entre Beren et les Nains, les avertissements de Melian, etc. Puis, « Dior retourna en Doriath et sa gloire d’autrefois fut un temps renouvelée, bien que Melian n’y demeurât plus (…) Mais Dior portait le Silmaril sur sa poitrine, et la renommée de ce joyau passa toues les frontières ; et le serment immortel fut à nouveau tiré du sommeil ». C’est donc par des rumeurs de cette renommée que les Fëanoriens apprennent où se trouve le Silmaril.
Dans Les Premières Annales de Beleriand (Toujours vol. 4): on nous dit, une fois encore, que c’est Melian qui envoie Beren arrêter les Nains. Il récupère le collier et le garde jusqu’à la mort de Lúthien. Dior est fait Roi de Doriath, Melian retourne en Valinor et c’est seulement là que les fils de Fëanor « entendent des rumeurs du Silmaril à l’Est ». Des rumeurs, encore.

Dans Les Nouvelles Annales du Beleriand (Histoire de la Terre du Milieu vol V, trad. Daniel Lauzon), une fois encore, Beren affronte les Nains à Sarn-Athad et récupère le Nauglamír. On nous dit aussi que c’est après la mort de L&B et le départ de Melian que les Fëanoriens entendent des rumeurs au sujet du Silmaril et décident de réunir un conseil pour décider de l’assaut, ce qui semble indiquer qu’ils ne savaient rien de ce qui était advenu du bijou après le pillage de Doriath ; si cela avait été le cas, ils se seraient rassemblés bien plus tôt pour décider ou non de récupérer le bijou lorsqu’il était aux mains de Lúthien.

« Le Compte des Années » (Histoire de la Terre du Milieu vol 11): ce texte est un peu plus compliqué, puisque Tolkien l’a plusieurs fois remanié. Je vais m’efforcer de clarifier la situation:

  • Le premier brouillon parle brièvement de l’assaut de Doriath par les Nains et de la mort de Thingol, ainsi que de la lutte entre Beren et les Nains.
  • Avec le deuxième bouillon, l’histoire est altérée et enrichie avec l’apparition de Melian, qui récupère le collier pour l’apporter à Beren et Lúthien avant de retourner en Valinor. changement majeur: ici, ce sont Celegorm et Curufin qui attaquent les Nains à Sarn-Athrad. En découvrant que les Nains n’ont pas le bijou, ils sont furieux.

Voilà qui est intéressant, et pour plusieurs raisons ! On admet ici que les Fëanoriens sont au courant très tôt de ce qui s’est produit en Doriath ; ils sont persuadés que les Nains s’enfuient avec le Silmaril. Or, même s’ils finissent par se rendre compte de leur erreur, cela ne veut pas dire qu’ils comprennent tout de suite que L&B ont récupéré le bijou. Il peuvent le deviner, en avoir l’intuition… rien de plus. Vont-ils une fois encore sancer une attaque sur une intuition ? J’en doute.

  • Les étapes de rédaction suivantes nous disent peu ou prou la même chose : Celegorm et Curufin prennent les Nains en embuscade au gué d’Ascar et ils sont extrèemment dépités en constatant que le bijou n’est pas là, puisque Melian l’a déjà apporté à sa fille. Et là apparaît le passage nous indiquant qu’ils n’osent pas attaquer Lúthien. C’est la première fois qu’on trouve l’idée que les Fëanorian savent que Lúthien est en possession du joyau.
  • La dernière étape est pratiquement la même, mais ce qui vient après va nous intéresser puisque l’on nous dit que les fils de Fëanor, en entendant parler du Silmaril qui se trouve en Doriath, rassemble un conseil. Ma question reste la même : Pourquoi ne pas se réunir avant s’ils savaient que Lúthien avait le Silmaril ?

Que peut-on conclure de tout ça ?

Eh bien, rien de certain ! Le mystère reste entier. Ce que l’on constate, c‘est que rien ne nous assure que les Fëanoriens savaient exactement où se trouvait le Silmaril après le pillage de Doriath par les nains. Et ce, même si certaines versions impliquent Celegorm et Curufin ; le deux zozos (oui, zozos) étaient persuadés que les Nains l’avaient en leur possessions, alors que Melian l’avait déjà rapporté à sa fille… et lorsqu’ils comprennent leur erreur, comment pourrait-ils être persuadé que le joyau se trouve bel et bien entre les mains de Lúthien ? Dans les versions où Celegorm et Curufin n’apparaissent pas, il semble que les sept frères n’apprennent l’emplacement du joyau que lorsque Dior revient en Doriath, tandis que quelques éléments indiquent que Beren préférait garder le Silmaril secret (ce qui me semble sage en effet !)

On peut dès lors imaginer que les mots du narrateur au sujet de ce refus d’attaquer Lúthien pourraient être une simple invention, un outil narratif pour faire davantage briller l’aura de Lúthien, pour la faire apparaître particulièrement impressionnante, façon « Regardez, même les terribles Fëanorians qui généralement n’ont peur de rien n’osent pas l’attaquer ! »

J’ai tendance à imaginer que les Fëanoriens auraient envoyé au moins une ambassade à L&B afin de marchander un peu. Après tout, dans le « Nauglafring », ils envoient bien Curufin à Dior pour parlementer. Alors Maedhros ne serait pas passé à côté de l’opportunité d’employer ses talents de diplomate et de parler avec elle (comme il avait essayé avec Thingol), précisément parce qu’elle est censée être dépourvue d’avarice.

On peut aller jusqu’à penser que, non seulement ils ne sont pas sûrs qu’elle possède le joyau, mais en plus, qu’ils ne savaient pas à quoi s’attendre avec elle, et qu’ils ignoraient (craignaient ?) l’étendue de ses pouvoirs. Il est donc possible qu’ils n’aient pas osé, précisément parce qu’ils avaient si peu d’information à son sujet.

Il y a deux éléments qui me font préférer la troisième de ces théories, celle de leur complète ignorance ; premièrement, le récurrence de la mention du serment qui ne s’éveille que lorsqu’ils entendent parler de Dior en Doriath. S’ils avaient su plutôt ou se trouvait le joyau, le serment se serait réveillé plus tôt. Le deuxième élément concerne plutôt les personnages eux même ; un en particulier… devinez qui …

*Curufin* (tadaaaam)

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[Curufin par Quel, une commande ma part, réalisée avec brio il y a quelques années]

Il a été complètement humilié par Beren, et j’ai assez écrit au sujet de ce personnage pour m’en faire une idée assez solide et complète… alors oui, ça reste mon interprétation du personnage, mais, en tout franchise… vous ne pensez pas qu’il serait prêt à tout pour venger son honneur ? j’ai tendance à croire que s’il avait été certain que L&B étaient en possession du joyau, il s’en serait fait une excellente excuse pour se venger. Et il n’aurait pas hésiter à chevaucher jusqu’à Tol Galen, non seulement pour récupérer le Silmaril, mais aussi pour faire payer Beren cette disgrâce ( ce qu’il aurait justifié par l’éveil du serment)(Curufin, ou l’art de faire d’une pierre deux coups).

Mais restons honnêtes, ce ne sont que des hypothèses et des headcanons. Et plus j’y pense, plus je crois qu’elles sont toutes valides et qu’il y a un peu de tout ça dans le refus des Fëanorien d’attaquer Lúthien.

À vous de vous faire votre idée (et n’hésitez pas à la partager dans les commentaires !)

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